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Voilà maintenant 3 jours que le marathon d’Amsterdam est passé… Un marathon plutôt mal vécu…

Je suis entre l’amertume et la satisfaction… Pourquoi, parce que ce marathon je l’ai fini malgré tout, mais que j’ai pris “cher” sans réel préparation ça a bien piqué.
Dimanche matin 9h31, je passe la ligne de départ situé sur le stade olympique au même titre que la ligne d’arrivée. Il y a un monde de dingue (au moins je ne serai jamais seul…) mais il n’y a pas trop besoin de slalomer, nous sommes à peu près sur le même rythme (pour l’instant!).
Dans ma tête, je savais que je pourrai tenir l’allure jusqu’au semi, au delà on verra… Les kilomètres défilent rapidement à une allure oscillant entre 4’50/4’55, les jambes sont bonnes et il ne fait pas encore trop chaud… Je me laisse donc glisser dans les rues d’Amsterdam (passage dans un parc, dans le vieux quartier puis le quartier administratif). Passage au 10ème km en 48’49 et on se dirige vers l’aller-retour le long de l’Amstel sur laquelle il y a des animations plutôt sympa.



En face, je vois les premiers qui galopent pardon qui volent sur la route, puis je vois en face également le passage du semi… Moi j’arrive seulement au 15ème, les jambes vont bien… mais je sens que le soleil commencent à bien chauffer… Arrive la traversée du pont pour entamer le retour, je sens que les jambes commencent à trainer mais ça va… pour l’instant! Je vois arriver le panneau des 20km, passage en 1h38, puis le semi… 1h43′. C’est top, c’est ce que je voulais. A partir de maintenant, je sais que ça va se durcir. Est-ce qu’inconsciemment le mental anticipe? l’allure baisse et les jambes se font lourdes…

 


Au 24ème km, Loïc (une abeille du club) m’attend et me rejoint pour m’accompagner, malheureusement pour lui, c’est à ce moment que mon calvaire commence… 25ème km, première crampe aux ischios, obligé de m’arrêter… Je marche, puis recours un peu… Je doute, j’en ai marre, j’ai chaud, j’ai soif… La route est encore longue… Je vais arrêter… des gens sur le bord de la route m’encourage avec le prénom noté sur le dossard… je marche encore, je cours encore, je marche, je cours… 29ème km, je dis à Loïc “j’arrête”. Texto à ma petite femme, puis appel… Elle me dit d’essayer encore, d’y croire, elle est avec moi… Un ravito, je bois 4 gobelets d’eau, pourtant j’avais avec moi des gourdes d’eau, mais qu’est-ce que j’ai soif! et qu’est-ce qu’il fait chaud!
30ème km que je passe en 2h42. Presque 1h pour faire 9 bornes, qu’est-ce que le temps passe vite quand ça va pas! C’est dur car on est dans une zone industrielle et y’a pas grand chose à voir…
Je continue, j’alterne course, marche, course, marche… J’ai mal, j’ai très mal aux jambes, à la hanche aussi… Obligé parfois de me tenir à la barrière pour m’arrêter… j’essaie de gérer les crampes mais ça fait mal… Je bois des litres à chaque ravito… Je sais qu’au 38ème, je passe devant l’hôtel (au pire!)
35ème km, 3h17, même les 4h seront dures à avoir (tiens je m’imagine finir…). Je vois des gens sur le bord de la route qui font des malaises et les secours qui arrivent… Message de ma petite femme sur la montre, ça fait du bien!
Loïc est toujours là avec moi, on discute, on regarde sur le tracking où en sont les autres athlètes du club, on revient en ville… beaucoup de monde, ça hurle, ça crie “allez Fabian” “The end is near”… On arrive bientôt devant l’hôtel… 38ème km, juste 4km… Je reçois toujours des messages directement sur ma montre, c’est ma petite femme qui continue de m’encourager… Je marche, je cours, je bois beaucoup… retour dans le parc, qu’est-ce qu’il est beau (ça doit être sympa de s’y entraîner…). Le 40ème… La douleur aux jambes et aux hanches est juste horrible… Je marche et puis je cours mais cette fois, je m’arrête plus… Bientôt le dernier kilomètre, putain de m…. voilà le stade! 500 mètres, Loïc me laisse et je cours plus vite (c’est fou comme ce stade est magique et vous fait courir vite…), je n’ai plus mal aux jambes… 75m, je cherche ma petite femme dans la foule… Et puis, la ligne d’arrivée… 4h08, le temps le plus horrible que j’ai réalisé sur un marathon… Je ne peux pas retenir mes larmes. Je ne sais pas si je suis déçu ou heureux ou les deux. Je prends ma médaille… et je sors du stade au plus pour retrouver ma petite femme qui m’attend au point de rendez-vous… Je la vois, elle est fière de moi… et je refonds en larme…

   

Elle me dit que c’est énorme d’avoir été au bout avec le peu d’entraînements que j’ai fait… Que je n’ai pas couru de juin à fin août… Loïc est là aussi, il ne m’aura pas lâché depuis le 24ème km, merci à lui car je ne sais pas si j’y serai arrivé…

Cela fait 3 jours maintenant, et les jambes n’ont déjà plus de douleurs (le kiné est passé par là…). J’ai reçu beaucoup de message, ça fait plaisir et je me dis que waouw j’ai passé la ligne! Certes pas dans le temps que j’espérai mais au vu du scénario, j’ai été au bout…!!!

Mais j’avoue que je n’aime pas rester sur un échec…

4 thoughts on “Amsterdam… Vini, Vidi, pas Vici…

  1. Beau récit, bravo coach. Tu dis comment faire pour l’entrainement et par ce marathon tu donnes l’exemple pour le mental… Merci et encore bravo

  2. Ton récit m’a beaucoup émue. Dans la vie y’a des parcours parfois semé d’embûches mais on fait face coûte que coûte porté par des forces intérieures et surtout extérieures
    Ta préparation marathon n’a pas pu être menée comme tu l’espérais malgré tt tu n’as pas abandonné pour autant pour toi ta petite femme et tes potes, tu y es allé avec tes espoirs tes doutes tes craintes.
    Sur le marathon après le semi ça a commencé à foirer malgré tt tu l’as fini porté par L’inconditionnel soutien de ta femme et de ton pote et aussi pour ne pas décevoir le reste de ta tribu de tes potes runners. La communauté de tes ouilles jeudistes etait derriere toi aussi. La force était avec toi mon pote. Bravo on est fière de toi.

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